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On a testé l'ésotérisme

Très régulièrement, la rédaction est déchirée par un débat qui semble intarissable. D’un côté, Pauline. Elle lit son horoscope avec assiduité, se fie aux cycles lunaires et reste attentive aux énergies. De l’autre, Léa, sceptique invétérée, toujours prompte à couper court au débat. Pour mettre un point final à cette querelle, elles ont décidé de passer à l’action et de se frotter à l’ésotérisme pour confronter leurs points de vue. Vont-elles être transcendées par ces expériences ?

Deux salles, deux ambiances

Léa, 31 ans

🔮 Prédispositions :
J’ai grandi dans une famille athée et communiste, avec un père scientifique. On m’a expliqué très vite que le Père Noël n’existait pas, que mourir signifiait simplement arrêter d’exister (en précisant que cela n’avait pas la moindre importance à l’échelle de l’humanité) et que les choses ont toujours une explication. Et je suis d’accord avec ça. Je rentre donc dans la catégorie des sceptiques. Je suis une moldue, quoi.

🔮 Antécédents :
Je n’ai jamais eu la moindre attirance pour l’ésotérisme. Je lève systématiquement les yeux au ciel à l’évocation de mots comme « karma », « chakra » ou « énergies astrales ». Il m’arrive cependant de pratiquer la pensée magique dans des moments de désarroi. Ça consiste à mettre en corrélation deux événements qui n’ont aucun lien entre eux. Exemple : si j’attrape les clés dans mon sac à main du premier coup, alors je vais passer une bonne soirée. Mais je n’accorde pas tellement d’importance au résultat. Surtout, ne le dites jamais à mon père.

🔮 Attentes :
Je me lance dans cette expérimentation avec très peu d’illusions. Je pense qu’elle va simplement démontrer que ces pseudosciences répondent au besoin très banal d’être rassuré dans ses choix. Cependant, si le résultat est transcendant, je suis prête à mettre mon scepticisme au placard et à partir prêcher la bonne parole sur les routes de France.

Pauline, 28 ans

🔮 Prédispositions :
« Arrête de siffler tu vas faire pleurer la Sainte-Vierge » est sans aucun doute la phrase que ma grand-mère m’a le plus répétée durant mon enfance. Sans vraiment la comprendre, cette formule avait le chic pour me couper, littéralement, le sifflet. Pieuse, elle m'apprenait qu'il fallait prier Saint Antoine de Padoue pour retrouver une chose égarée, ce qui avait le don d'exaspérer mes parents. Appartenant au milieu médical et très cartésiens, ils ont toujours été plus partisans du pragmatique « ton livre est là où tu l'as laissé ». Baptisée mais sans avoir eu d'éducation religieuse, j'ai grandi tiraillée entre ces deux mondes.

🔮 Antécédents :
Multiples. Il y a tout d'abord l'attrait pour les lieux sacrés. Mais aussi les « bracelets gris-gris » offerts par mes sœurs, qui réalisaient les vœux. Puis, les séances de spiritisme entre copines, à se demander qui (ou quoi) avait fait bouger le verre. Ensuite, les petits rituels comme faire brûler du palo santo pour purifier un lieu ou encore tirer une carte pour obtenir des réponses à certaines questions. Un sacré gloubi-boulga à la sauce New Age.

🔮 Attentes :
J'éprouve une certaine appréhension. Au fil du temps, ces croyances et superstitions sont devenues des doudous auxquels il est agréable de s'agripper. Et si tout ça n'était que de la poudre de perlimpinpin ?