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Petit catalogue du vieillissement artistique

Savoir vivre avec son temps malgré l’arthrite, être dans le coup, même avec les cheveux blancs, sourire, plaire, les articulations perclus de rhumatismes : ça n’est pas donné à tout le monde. Et certains le vivent mieux que d’autres.

Eddie Murphy - Apprendre de ses erreurs

Dans les années 80, Eddie Murphy est le king de la comédie. Après la sortie du Flic de Beverly Hills 2 en 1987, l'acteur est au sommet de sa gloire. Plus pour longtemps. Soudain Eddie Murphy ne fait plus rire personne. D'autres le font à sa place. Il enchaîne les mauvaises comédies, puis disparaît des écrans. Seule parenthèse réjouissante dans cette traversée du désert : la sortie en 2001 de Shrek et son rôle inoubliable de l' âne. Et puis, en 2019, au moment où on ne l'attendait plus, le king est revenu sur Netflix avec le très autobiographique Dolemite is my Name. Après des années d'errance, Eddie Murphy semble décidé à se montrer à nouveau sous son meilleur jour et ce n'est pas pour nous déplaire.

Jim Carrey - Trouver sa voie

Si les années 80 sont celles d'Eddie Murphy, les années 90 sont celles de Jim Carrey. Ace Ventura, Fous d'Irène, The Mask : pendant plus d'une décennie, chaque apparition de l'acteur canadien est synonyme de succès au box-office. Mais sous les grimaces et les mimiques du clown, commence à poindre un certain malaise. Ses interprétations dans The Truman Show ou Man on the Moon en donnaient un aperçu : l'amuseur public n°1 en a assez de faire marrer. Dans les années 2010, l'acteur semble perdu, jouant des caricatures de lui-même. Il décide de prendre du recul, s'isole dans sa villa de Los Angeles, se met à peindre et à pratiquer la méditation transcendantale. Jusqu'à cet improbable come-back l'an dernier dans le rôle du Dr Robotnik dans Sonic, le film... Pas vraiment là où on l'attendait mais si Jim va bien, c'est tout ce qui nous importe.

Renaud - Se perdre sans le savoir

Laisse Béton, Marche à l'Ombre, Gérard Lambert, En Cloque, Mistral Gagnant : en 26 albums et 40 ans de carrière, Renaud a traversé les époques, sans cesse en décalage avec son temps, affichant un insolent et improbable succès, à l'image de sa gouaille de titi parisien. Ce qui ne l'a pas empêché de connaître des gros passages à vide et des absences plus ou moins prolongées pour raisons de santé. Épisodes dépressifs et alcoolisme lui ont tenu lieu de compagnons pendant de longues années. Mais le "Phénix" est toujours parvenu à revenir. Avec Boucan d'Enfer en 2002 et même avec Toujours Debout en 2016.
Et puis il y eut Corona Song. Le chanteur y apparaît diminué, sans inspiration et devient la risée d'Internet. Cruel. On préfère se rappeler un autre souvenir de Mister Renard :

Gérard Depardieu - Se complaire dans l’excès

Ah notre Gégé national... Des Valseuses à Obélix, de Cyrano de Bergerac à Germinal : Il semble toujours avoir été là, comme un membre éloigné de la famille que l'on retrouve une fois par an. Sauf qu'il ne tient pas du cousin discret mais plutôt du tonton un peu limite. Après avoir régné sur le cinéma français, Gégé s'ennuie visiblement. Depuis une dizaine d'années, l'acteur est en roue libre complet. Citons, en vrac : l'annonce de son déménagement en Russie, costume folklorique inclus, une envie pressante dans un avion de ligne, sa conversion à l'islam et même plus récemment encore des accusations de viol... On préfère revenir sur sa carrière hors norme avec TFTC :

Jack Nicholson - Se retirer avec classe

Jouer un rôle iconique dans Easy Rider (1969), enchaîner avec Chinatown (1974), Vol au-dessus d'un nid de coucous (1975), élever le niveau encore dans The Shining (1980). Incarner le méchant ultime avec le rôle du Joker dans Batman de Tim Burton (1989), devenir l'acteur le mieux payé d'Hollywood, plier le game. La carrière de Jack Nicholson ne fut qu'une fulgurante ascension dont l'épilogue avait de quoi nous effrayer, un peu à l'image de son sourire diabolique. L'acteur a préféré se retirer des plateaux depuis une dizaine d'années, savourant une retraite après l'une des plus incroyables carrières du cinéma. La classe absolue.






À suivre ...