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4 arnaques qui ont marqué l'histoire

Vous êtes un honnête citoyen ? Vous avez peut-être tort. Alors certes, la plupart des escrocs dont les aventures sont ici narrées ont mal fini. Mais bon Dieu, quel panache !

1560 : Martin Guerre, l’usurpateur

Martin est né au Pays Basque, où il épouse Bertrande de Rols, qu'il quitte en 1548 suite à des accusations de vol de grain. La vie se poursuit jusqu'en 1556, date à laquelle un homme qui se présente comme Martin arrive en ville. Il est vrai qu'il lui ressemble : ses frères, ses sœurs, sa femme sont unanimes, il s'agit bien de lui. Son oncle, Pierre, a cependant un doute : il paraîtrait que le vrai Martin a perdu une jambe à la guerre. Mais qu'importe, Martin retrouve son épouse, et réclame l'héritage de son père. Son oncle n'a pas l'intention de se laisser plumer. Il intente des actions en justice et tente même de le faire assassiner. Martin sera innocenté, au grand dam de Pierre, qui décide de faire appel. Alors que se tient le procès, au moment même où l'accusé est de nouveau innocenté, le vrai Martin apparaît dans la salle d'audience. L'usurpateur est en fait Arnaud du Tilh, escroc notoire. A l'époque, l'affaire passionne les écrivains, Montaigne et Dumas compris. Depuis, elle a été adaptée en opéra (1967) et à l'écran, d'abord en 1982 dans le film Le retour de Martin Guerre, puis dans le remake américain, Sommersby (1993), avec Jodie Foster et Richard Gere. En 1996, consécration, l'affaire est adaptée en comédie musicale : Martin est allé jusqu'à Broadway !

1783 : L’affaire du collier de la reine : le gigolo, la prostituée et le cardinal

Jeanne de Valois-Saint-Rémy est une descendante désargentée d'un bâtard du roi Henri II. En 1780, elle épouse Nicolas de La Motte, un homme peu fortuné. Elle décide alors d'infiltrer le château de Versailles pour se faire des relations. Elle y rencontre un gigolo, Louis Marc Antoine Rétaux de Villette, qui devient son amant, et sympathise avec le cardinal de Rohan. Elle a vent d'un très coûteux collier (2842 carats !), qu'un bijoutier endetté souhaite désespérément vendre au roi. Elle charge son amant, également faussaire, de rédiger de fausses lettres signées de la reine affirmant vouloir acheter le collier, et demandant au cardinal d'avancer la somme contre ses faveurs. Une nuit, elle présente le cardinal à une prostituée, sosie de Marie Antoinette : il est ravi et met la main à la poche. Lorsque l'affaire éclate, le roi et la reine veulent un procès public pour laver leur honneur. Jeanne est condamnée mais ce que l'opinion retiendra, c'est l'implication de la reine, connue pour ses excès et pourtant innocente. Certains iront jusqu'à dire que cette affaire a contribué au déclenchement de la Révolution, 4 ans plus tard.

1925 : Victor Lustig, drôle de loustic, vend la tour Eiffel

Dans les années 20 à Paris, Victor n'a pas un sou. Il feuillette le journal et découvre un article détaillant les difficultés de l'État à entretenir la tour Eiffel. Il décide alors de se faire passer pour un représentant du ministère des PTT, et fabrique des faux annonçant la vente de la tour Eiffel, qu'il envoie aux 5 plus grandes entreprises de ferraille. Il entre alors en contact avec André Poisson, qui mord à l'hameçon. Une fois l'affaire conclue, Lustig prend la poudre d'escampette et Poisson, humilié, n'ose pas porter plainte. Lustig tentera de revendre la tour Eiffel quelques temps plus tard, sans succès, puis s'envolera aux États-Unis pour s'adonner au trafic de faux billets. Un type en or.

2008 : Bernard Madoff, l’as du Ponzi

Comment ne pas évoquer Bernie dans ce sujet ? Celui qui a fondé sa propre société d'investissement a 22 ans se retrouve rapidement à Wall Street, notamment grâce à son travail sur le NASDAQ. Fort de cette notoriété, il décide de monter un petit fond d'investissement spéculatif pour des clients triés sur le volet (banques et grosses fortunes). Sa promesse ? Un profit de 17% par an. Jackpot. Sauf que toute l'affaire repose sur la mécanique de la pyramide de Ponzi. Ainsi, pas un centime n'a été placé en bourse : les soi-disant intérêts des premiers investisseurs étaient issus de l'argent des investisseurs suivants, le tout justifié par des faux relevés d'achats ou de ventes d'action. Un système qui marche, tant que le nombre d'investisseurs progresse. Sauf qu'en 2008, patatras. Avec la crise économique, les investisseurs veulent récupérer leurs billes, et c'est tout le système qui s'écroule. En tout, l'escroquerie avoisinerait les 50 milliards de dollars : la plus grande jamais réalisée. Condamné à 150 ans de prison, Bernie a continué à boursicoter pour ses codétenus depuis sa cellule, avant de décéder en 2020.